Lorsqu’une entreprise cherche à réduire sa facture énergétique, les premières solutions envisagées sont souvent liées au remplacement ou à l’installation de nouveaux équipements : pompe à chaleur, chaudière plus performante, panneaux photovoltaïques, système de chauffage plus récent…
Ces investissements peuvent effectivement contribuer à améliorer la performance énergétique d’un bâtiment. Mais avant de remplacer un équipement ou d’augmenter les capacités de production d’énergie, une question essentielle mérite d’être posée : l’énergie actuellement consommée est-elle réellement utilisée efficacement ?
Dans de nombreux bâtiments industriels, entrepôts, ateliers, commerces ou locaux tertiaires, une partie des consommations énergétiques est liée à des déperditions ou à une mauvaise utilisation de l’énergie déjà produite.
Ces gisements d’économies sont parfois difficiles à identifier, car ils ne sont pas forcément visibles au quotidien.
Des pertes d’énergie qui peuvent passer inaperçues
Un bâtiment peut présenter plusieurs sources de gaspillage énergétique sans que cela ne soit immédiatement perceptible par les occupants ou les exploitants.
Parmi les situations fréquemment rencontrées :
- de l’air chaud qui s’accumule sous la toiture ;
- des réseaux de chauffage insuffisamment isolés ;
- une mauvaise répartition de la chaleur entre les différentes zones du bâtiment ;
- des réseaux hydrauliques mal équilibrés ;
- une isolation insuffisante des combles ou des planchers bas ;
- des équipements de chauffage qui fonctionnent davantage pour compenser ces pertes.
Pris séparément, ces phénomènes peuvent sembler secondaires. Mais lorsqu’ils se reproduisent chaque jour pendant toute la période de chauffage, leur impact sur les consommations peut devenir significatif.
La chaleur qui s’accumule sous la toiture
Dans les bâtiments présentant une hauteur importante, l’air chaud a naturellement tendance à monter.
Ce phénomène, appelé stratification thermique, peut créer un écart important entre la température au niveau du sol et celle mesurée sous la toiture.
Dans un atelier ou un entrepôt, une partie de l’énergie produite par le système de chauffage peut ainsi rester concentrée dans les parties hautes du bâtiment, alors que les zones occupées se trouvent plusieurs mètres plus bas.
Le système de chauffage doit alors continuer à fonctionner pour maintenir une température confortable dans les zones de travail.
La déstratification de l’air permet de mieux homogénéiser les températures en favorisant le brassage vertical de l’air. Elle peut ainsi constituer une piste d’optimisation dans les bâtiments de grande hauteur équipés d’un système de chauffage adapté.
Pour déterminer le nombre d’appareils nécessaires et leur implantation, une étude de dimensionnement doit toutefois être réalisée en fonction des caractéristiques du bâtiment, de sa hauteur, de sa surface, du système de chauffage et des températures recherchées.
Des réseaux de chauffage qui peuvent perdre de l’énergie
L’énergie peut également être perdue avant même d’atteindre les zones à chauffer.
Les réseaux de chauffage et d’eau chaude peuvent présenter des déperditions thermiques importantes lorsqu’ils sont insuffisamment isolés ou lorsque leur calorifugeage est dégradé.
Dans les bâtiments industriels et tertiaires, les canalisations peuvent parcourir des distances importantes : locaux techniques, chaufferies, ateliers, zones de stockage ou espaces non occupés.
Une partie de la chaleur produite peut alors être dissipée dans des zones qui ne nécessitent pas d’être chauffées.
Le calorifugeage des réseaux constitue donc un levier d’amélioration de la performance énergétique qui mérite d’être intégré à l’analyse globale du bâtiment.
Une mauvaise répartition hydraulique peut également augmenter les consommations
La performance d’une installation de chauffage ne dépend pas uniquement de la puissance des équipements.
L’équilibrage hydraulique joue également un rôle important dans la distribution de l’eau de chauffage entre les différents circuits.
Lorsque les débits sont mal répartis, certaines zones peuvent être insuffisamment chauffées tandis que d’autres reçoivent davantage d’énergie que nécessaire.
Les équipements peuvent alors être amenés à fonctionner plus longtemps ou à des niveaux de puissance plus élevés pour compenser ces déséquilibres.
L’équilibrage des réseaux hydrauliques et des vannes peut permettre d’améliorer la distribution de la chaleur et d’optimiser le fonctionnement global de l’installation.
L’isolation : un levier à examiner avant d’augmenter la production d’énergie
Les déperditions peuvent également provenir de l’enveloppe du bâtiment.
Une isolation insuffisante des combles, toitures ou planchers bas peut augmenter les besoins énergétiques du bâtiment en période hivernale.
En été, les caractéristiques thermiques de l’enveloppe peuvent également influencer le confort intérieur et les besoins liés au refroidissement.
Avant d’envisager uniquement une augmentation de la puissance de chauffage ou de climatisation, il est donc pertinent d’identifier les principales zones de déperdition et d’évaluer les travaux susceptibles d’améliorer l’enveloppe thermique.
Pourquoi commencer par une analyse globale du bâtiment ?
Chaque bâtiment possède ses propres caractéristiques : volume, hauteur, activité, horaires d’occupation, équipements de chauffage, isolation, réseaux, température de consigne et usages énergétiques.
Il n’existe donc pas une solution unique applicable à tous les bâtiments.
Une démarche de performance énergétique pertinente consiste d’abord à identifier les principales sources de consommation et de déperdition, puis à hiérarchiser les actions selon leur pertinence technique et économique.
Selon les caractéristiques du bâtiment, cela peut conduire à étudier plusieurs leviers complémentaires :
- déstratification de l’air ;
- calorifugeage des réseaux ;
- équilibrage hydraulique ;
- isolation des combles ;
- isolation des planchers bas ;
- optimisation des équipements de chauffage ;
- régulation et pilotage des installations ;
- rénovation énergétique plus globale.
Cette approche permet d’éviter de concentrer immédiatement les investissements sur le remplacement des équipements alors que certaines pertes peuvent être traitées en amont.
Les CEE : un levier pour financer certains travaux d’efficacité énergétique
Certains travaux d’amélioration de la performance énergétique peuvent être éligibles au dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), sous réserve du respect des critères techniques et administratifs applicables à chaque opération.
Selon la nature du bâtiment et des travaux envisagés, différentes fiches d’opérations standardisées peuvent notamment concerner la déstratification, le calorifugeage ou certaines opérations d’isolation.
L’éligibilité, le montant de la prime et les conditions de financement doivent être vérifiés avant le démarrage des travaux, sur la base des règles et fiches CEE en vigueur.
Une analyse préalable permet ainsi d’identifier les solutions techniques pertinentes et les éventuels dispositifs de financement mobilisables.
Une approche globale pour éviter de gaspiller l’énergie
Réduire les consommations d’un bâtiment professionnel ne signifie pas nécessairement produire davantage d’énergie ou remplacer immédiatement tous les équipements.
Dans de nombreux cas, une partie du potentiel d’économie se trouve déjà dans le bâtiment : une chaleur mal distribuée, des réseaux qui dissipent de l’énergie, une enveloppe insuffisamment performante ou des installations qui fonctionnent au-delà des besoins réels.
L’enjeu consiste donc d’abord à comprendre où l’énergie est consommée, où elle est perdue et comment elle est distribuée.
La meilleure économie d’énergie n’est pas toujours celle que l’on produit : c’est d’abord celle que l’on évite de perdre.
ISOBAT : accompagner les entreprises dans leurs projets d’efficacité énergétique
Depuis 2014, ISOBAT accompagne les entreprises, industriels, collectivités et acteurs du tertiaire dans leurs projets d’amélioration de la performance énergétique.
Déstratification d’air, calorifugeage, isolation, équilibrage hydraulique : nos équipes peuvent analyser les caractéristiques du bâtiment et identifier les solutions adaptées au projet.
Vous souhaitez identifier les principaux gisements d’économies d’énergie de votre bâtiment ? Contactez ISOBAT pour étudier votre projet et les dispositifs CEE susceptibles d’être mobilisés.



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